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Bibliothèque numérique personnelle

Une réaction au billet d’Hervé Bienvault à propos de la constitution d’une bibliothèque numérique personnelle. Comment gérer sa propre bibliothèque de livres numériques, sur différents supports, et avec la nécessité de pouvoir y accéder depuis n’importe où, et surtout depuis n’importe quoi. Réflexion personnelle qui fait aussi suite aux discussions engagées avec Isabelle Aveline.

Utilisateur d’Ubuntu je ne me sers pas de Dropbox mais plutôt d’Ubuntu One, qui offre (presque) le même type de service, et (presque) le même type de conditions d’utilisation, même si Canonical (société qui assure le support d’Ubuntu) tente surement de se donner une bien meilleure image que Dropbox. Plusieurs des ordinateurs que j’utilise se synchronise continuellement avec les serveurs d’Ubuntu One, et j’ai donc les mêmes fichiers sur tous les ordinateurs où est installé le client Ubuntu One (sous Linux ou Windows d’ailleurs). Si je suis hors connexion j’ai accès à tous ces fichiers, au moment de la reconnexion tout se synchronise (avec une gestion plus ou moins aisée des conflits). Les applications Android et IOS ne proposent pas de synchronisation mais un bête équivalent au WebDAV (accès aux fichiers sans synchronisation).

Actuellement je ne dispose que d’un Netbook et d’un smartphone, même si j’ai l’occasion de tester différents dispositifs de lecture via Calliopê à l’enssib, ou dans les jours qui viennent à l’Arald. Je lis beaucoup sur Netbook (si si), mais lorsque j’ai l’occasion d’avoir un “vrai” dispositif de lecture numérique, je me connecte à Ubuntu One via l’application dédiée, ou via l’interface web, et je télécharge le livre numérique que je veux lire. Autant dire que sur liseuse cela peut devenir complexe, sauf sur des modèles récents qui proposent des navigateurs. Cette solution est un brin tordue, mais elle me permet de disposer de mes propres fichiers, et non d’un simple accès.

La question de savoir où sont stockées ces données est à mon avis essentielle, et trop souvent éludées, surtout par des professionnels de l’information-documentation. Si Dropbox ou Ubuntu One ne sont que des outils qui permettent d’héberger, d’accéder ou de synchroniser des fichiers, elles n’en restent pas moins des entreprises qui ont besoin de faire de l’argent, et donc de monétiser d’une façon ou d’une autre ces services, les conditions générales d’utilisation sont là pour le prouver. Être maître de ses données est aujourd’hui une priorité, d’autant plus lorsqu’il s’agit de nos lectures (autrement c’est le début de la fin).

ownCloud commence à être une alternative intéressante (il y en a d’autres), même si aujourd’hui il n’y a pas vraiment d’application permettant une synchronisation à la Dropbox. ownCloud s’installe sur un serveur (cela fonctionne avec un hébergement mutualisé par exemple), et supporte des protocoles comme le WebDAV. Des applications sont en train de voir le jour, par exemple actuellement il est possible d’écouter ses fichiers audio via ownCloud, un lecteur a été développé pour l’interface web. Pourquoi ne pas imaginer dans quelques temps un lecteur de fichiers ePub qui permettrait de lire en streaming des livres numériques, nos propres livres numériques (et donc nos fichiers), de placer des marque-pages et des notes, le tout sur son propre hébergement ou serveur.

Mais parlons nous là vraiment de bibliothèques numériques ?… Non. Il s’agit simplement d’un accès à des données, sans possibilité de classer réellement, ni d’indexer ou d’enrichir les fichiers en métadonnées. Et d’ailleurs même le Labo de la BnF semble ne pas trop savoir ce que cette expression de “bibliothèque numérique” renferme (voir l’atelier “Créer sa bibliothèque numérique” de la semaine dernière). Des solutions sont envisageables en croisant Calibre et Dropbox, mais à l’usage cette solution n’est pas la plus simple…

Dernière réflexion, avons-nous réellement besoin de synchroniser nos fichiers via internet (protocoles http ou s’en approchant) ? Si nous disposions d’outils simples, efficaces et ergonomiques pour synchroniser autrement nos différentes machines peut-être que nous oublierions cette tendance au tout connecté.