Lecture numerique et connexion

Parmi l’une des formes du livre numérique, le streaming semble prendre une place particulière voire privilégiée, comme une solution à un certain nombre de contraintes. Il s’agit donc de lecture en ligne, souvent par le biais d’une “liseuse”, avec toutes les possibilités qu’offre notamment le HTML5. Il ne s’agit pas d’un accès à un fichier, avec téléchargement de l’objet numérique dans tel ou tel format, avec ou sans DRM, avec ou sans chronodégrabilité, mais bien de lecture en ligne. Un accès à un contenu à un moment (certains diront une forme de DRM).

La constitution pour chacun de sa bibliothèque numérique n’est pas neutre.

François Bon, pour une définition du livre numérique

L’accès en streaming règle beaucoup de problèmes : la compatibilité entre formats de fichiers et machines, le mode d’accès collectif notamment pour les bibliothèques, le choix de l’usage des DRM. C’est un bon compromis pour qui est équipé d’une tablette ou de tout autre outil permettant d’accéder à un site Web comprenant pas mal de Javascript. Mais aussi et surtout pour qui dispose d’une connexion continue avec son “dispositif de lecture”. Avec cette consèquence que devrait résoudre en partie le HTML5 : pas de connexion pas d’accès aux textes. Il ne faut pas oublier que certaines plateformes mettent en place une “liseuse” en ligne qui affiche… des images, cela induit une consommation gourmande.
Peut-on se constituer une bibliothèque, sa propre bibliothèque avec ce type d’accès ? Que se passe-t-il lorsque l’accès ou l’abonnement à une telle offre se termine ?

Commentaires

  1. F Bon dit :

    ah, tu me laisse sur ma faim avec billet aussi court : ton propre point de vue, alors ?

    pour nous, la “liseuse” html5 de l’Immatériel précieuse justement parce qu’elle autorise, sur mises en ligne complexes comme notre revue D’Ici Là, l’accès à toutes les fonctions “enrichies” audio et vidéo – sinon c’est réservé à l’iPad… introduit donc complémentarité entre lecture “liseuses” avec privilège au texte

    et puis la question des bibliothèques… juridiquement, nous sommes (nous comme les autres) dans l’incapacité de proposer aux bibs des abonnements avec téléchargements – solution 1, que tu évoques, le DRM “chronodégradable”, fichier lisible pendant 3 semaines et au revoir, solution 2, la lecture sur tous les postes des bibs, ou depuis appareil utilisateur via accès à distance, mais en lecture seule, sans transfert de fichier

    voir discussion connexe sur solution Amazon, qui est en train de ramasser la mise, en proposant l’achat (et donc fichier transféré) aux usagers découvrant les textes en streaming via leur bib (je parle des USA)

    et autre corollaire, sur lequel je ne comprends pas (je pèse mes mots) la timidité des bibs : le streaming est viable à condition d’être associé à l’accès à distance (voir Champs Libres à Rennes, ou bibs publiques de Montréal) – alors la lecture streaming n’est pas réservée aux postes de la bib, mais est autorisée à tous les usagers connectés via leur identifiant lecteur, où qu’ils soient, et sur leurs propres appareils

    j’en viens aux contenus:
    1, aspect que tu évoques – oui, nous travaillons avec des auteurs sur des durées parfois limitées, avant-hier j’ai retiré de publie.net un beau texte d’Eric Faye qui doit reparaître en papier chez Corti – la BNF gardera l’archive, mais nos abonnés streaming non pas – est-ce si préjudiciable ? en tout cas, pour la musique, combien d’entre nous profitent désormais de plateformes comme Spotify sans le désir de transférer les fichiers via achat ?
    2, oui nous proposons aussi aux bibs des bouquets de titre – mais je vois bien, dans ce cas, comment se fait la commande, en décalque du réflexe papier: sur ce qu’on connaît – et je respecte, et je remercie les bibs qui nous achètent des titres sans passer par l’abonnement streaming global

    mais la vocation de publie.net c’est la découverte, l’incitation, l’écoute offerte aux nouveaux auteurs – en ce sens, le streaming c’est un outil fabuleux, du point de vue même du contenu

    enfin, tu sais que nombreuses recherches en ce moment pour l’accès stream des téléphones, téléchargement par tampon qui permet la lecture stream même lorsque l’appareil est partiellement déconnecté

    alors évidemment, tout à fait d’accord, pour lire confortablement je préfère transférer le fichier sur mon iPad ou ma liseuse (je me sers des deux) – mais le streaming est une question beaucoup plus vaste, et potentiellement plus politique et plus novatrice

    débat ouvert ?

    • antoine dit :

      Merci pour ta réaction François, ton commentaire est plus long que mon billet !
      Alors oui le streaming permet beaucoup de choses : techniques et politiques. J’avoue qu’avant d’écouter Xavier Cazin à Lille (ici) lundi dernier j’étais encore plus réfractaire à ce type d’accès… En bibliothèque ça trouve tout son sens, mais pour un usage personnel ça me pose problème en terme d’accès. Si je suis abonné à publie.net et à Lekti j’ai donc deux bibliothèques streaming. Et qu’est-ce qu’il se passe si mon abonnement se termine ? Les découvertes sur publie.net méritent à mon avis d’être accessibles beaucoup plus que le temps d’un abonnement.
      La question de la connexion me travaille beaucoup en ce moment, et même si j’écris ce commentaire dans le train, je trouve cela important de pouvoir accéder à “sa” bibliothèque de livres numériques et à d’autres contenus sans être connecté. D’ailleurs pour rebondir ce billet.
      J’avoue j’ai peur que le livre numérique subisse le même traitement irréversible que la musique, et je n’aime ni n’utilise Deezer, Spotify ou autres.
      L’accès en streaming règle bien des contraintes, mais pose aussi un certain nombre de questions.

  2. mercurekotkot dit :

    Oui on tourne autour : accès et modalités et je crois aucqyreaming cf expérimentation lekti.net avec bib Albi par ex.
    Mais aussi outre playlist possible par un procédé technique, poser la question du contexte de lecture offert par la bibliothèque et l’associer intimement à la réflexion

    • antoine dit :

      Je ne voulais pas en parler directement mais justement l’accès en streaming de Lekti pose problème puisqu’il s’agit d’images et non de texte mis en forme/structuré, donc ça complique un peu l’accès (temps de chargement, consommation et coût des données, mémoire cache, agrandissement de la police…). J’espère juste que ça évoluera, et dans le bon sens !
      A mon avis en local, sur place, les bibliothèques peuvent aussi proposer d’autres choses que du streaming, au moins pour montrer à quoi ça ressemble un joli ePub sur une jolie liseuse !

  1. [...] Je pense à NumérikLivres ou encore à Publie.net. Accompagnons-les. En passant, François Bon en commentaire de ce billet d’Antoine Fauchié nous interpelle : Je ne comprends pas (je pèse mes mots) la timidité des bibs : le streaming est [...]

  2. [...] mio commento di questa mattina (27 gennaio, NdT) sui quaderni di Antoine “Quaternum”, Lecture numérique et connexion, perché la discussione si è prolungata con la sua risposta. Questo mi sembra un dibattito [...]

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