carnet

est-ce moi ou le paysage qui se déplace ?

Aucune trace

Il est plus facile de ne laisser aucune trace
Que de marcher sans toucher le sol

Hier, vendredi 17 février 2012, goût amer dans la bouche, Gallimard demande à publie.net et à ses diffuseurs le retrait de la traduction de François Bon du livre d’Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer. Le billet de François Bon évolue au fil de la situation, récit et réactions.

Gallimard en est détenteur des droits, et même si tout cela est bien complexe (comme l’explique très bien Hubert Guillaud) François Bon à tort sur le terrain juridique, Gallimard a tort sur tout le reste. En clamant la nécessité de faire respecter le droit, la vieille maison d’édition se met à dos toute une communauté (le billet d’Éric D. remet d’ailleurs les choses à plat). Gallimard superflic.

C’est cette question de forme qui me pose problème, tout cela aurait pu être réglé autrement, Gallimard ne semble pas comprendre ce qui se passe actuellement (Clément Monjou le résume très bien), d’autant plus qu’il y a une question de monopole intolérable, voir les commentaires de Marc Jahjah dans le billet de Clément Monjou :

Ce dont est coupable Gallimard n’est donc pas de faire respecter le droit d’auteur (dont personne ne conteste la nécessité); ce dont Gallimard est coupable c’est d’être à la tête d’un catalogue dont la valeur sociale est inestimable et dont ils refusent aujourd’hui d’assurer non seulement la circulation mais la rénovation, c’est-à-dire l’assurance que l’oeuvre circulera bien compte tenu de l’époque dans laquelle elle s’inscrit alors. C’est une faute morale très grave : la maison Gallimard n’est plus à la hauteur des oeuvres dont elle a la charge.

C’est pourquoi je mets à disposition ce texte, Le vieil homme et la mer aux éditions publie.net, traduction de François Bon (acheté sur la Fnac.com puis déréméisé, double effort qui vaut bien ce partage) :

Le vieil homme et la mer, traduction de François Bon, éditions publie.net

Comme le dit très bien Isabelle Aveline, il faut acheter des livres sur publie.net, et surtout s’abonner, massivement, pour défendre cet espace de création, et pour éviter de tomber dans un univers encore plus fermé. A ce sujet l’anticipation de Karl Dubost fait froid dans le dos…

Commentaires